"l'eldorado des Applications mobiles" ? Je n'y crois pas une seconde...
Si il y a un buzz en ce moment qui me fatigue (à peu près autant que les cours de bourse des start-up de la fin des années 90), c'est bien la folie autour des "applications mobiles". Si vous voulez mon avis : ce marché n'est ni plus ni moins qu'un remix du marché des PC de la fin des années 80 et du marché du Minitel, juste avant l'arrivé du Web. Je m'explique :
# Comme l'informatique des années 80 :
- Apple est arrivé en terrain vierge : au début, il n'y avait rien. Puis l'IPhone a débarqué et créé un vrai besoin
- La concurrence est divisée, et techniquement loin derrière : chaque constructeur a _son_ OS, tout le monde bosse dans son coin, et au final le résultat n'est vraiment pas à la hauteur d'Apple. (vous vous rappelez de l'OS de Bull, ou celui d'Amstrad ?!)
- Dans le même temps, un challenger de taille arrive à grand galop avec un système compatible et ouvert : Google et Android, c'est exactement comme Microsoft et Windows en son temps.
# Comme à l'époque du Minitel :
- Le réseau est fermé, et l'opérateur contrôle pratiquemment tout (à quand Skype chez Orange ?!)
- Les prix sont encore élevés, la facturation opaque et pleine de piège (y'a du progrès, certe, mais toujours pas de véritable illimité, par exemple)
# Comment tout cela a t'il fini ?!
- Les sytèmes ouverts et indépendants des constructeurs de Hardware ont gagné la partie : Windows s'installe sur 95% des machines connectées au Web, que ce soit des PC HP, des Dell ou des Fujitsu.
- Le réseau a litteralement explosé avec l'arrivé d'un Web ouvert, d'accès libre, et -surtout- neutre. Que vous soyez chez Orange ou Free, c'est toujours le même Web.
- Apple existe toujours, bien sur, mais c'est un marché de niche, pour utilisateur... hem hem... exigeant (qui a dit maniaque, fortuné et fétichiste ?!)
- L'eldorado existe bien, mais il est dans l'usage que l'on fait des applications. Ce n'est pas l'application que l'on fait payer aux utilisateurs, ni le temps connecté au réseau passé sur cette application, mais ce que l'application vous permet de faire. Quand vous payez pour Meetic, vous ne payez pas une interface Web et des formulaires de contact, vous payez parce que vous allez pouvoir faire quelque chose avec l'application Meetic.fr.
Je ne crois pas au marché des applications mobiles dont on nous rebat les oreilles. Le Web, c'est le Web, mobile ou pas. Lorsque les terminaux tiendront la route (traduction qui n'engage que moi = quand tout le monde sera sous Android), et que les résaux seront à la hauteur (NEUTRE !!! C'est un long combat... Mais il n'y a pas d'alternative), les gens utiliseront juste les mêmes applications Web qu'aujourd'hui (en mieux, l'arrivée d'HTML 5 va être un vrai bonheur pour tous : développeurs comme utilisateurs). Que le terminal soit mobile ou non n'y changera rien. Voui, bon, on fera bien une skin pour s'adapter à l'écran et aux périphériques, mais pas de quoi fouetter un chat et claironner à tue tête : "L'avenir est dans les applications mobiles". En tout cas, pas de quoi croire qu'on va gagner le Jakpot en créant une application déposée sur un Appstore ou un GoogleStore (ou alors, dépechez vous : ceux qui étaient derrière le 3615 ULLA n'ont pas eu très longtemps pour faire de l'argent...)
L'avenir est dans le Web et dans ce que les gens en font. Que ces mêmes gens soient "mobiles" ou pas n'y change rien.
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