A quoi ça sert "une maison de disque" ?!


Quand je lis ce genre d'article, je suis certes un peu triste, parce qu'il y a des gens passionnés et compétents qui vont perdre leur boulot, certes. Toutefois, je ne peux m'empêcher de réagir parce qu'un des ces jours, il va bien falloir que "l'industrie phonographique" nous la lache et comprenne une bonne fois pour toute qu'elle n'est plus d'aucune utilité. Voila, c'est posé.

Maintenant, je m'explique. Il était un temps lointain où pour trouver des gens qui vous écoutent, quand on était musicien, il fallait passer à la radio, ou tout du moins vendre des disques. Bien, le problème, c'est que bien avant de pouvoir les vendres, ces disques, il fallait :

Enregistrer la musique. Cela se passait dans de grands studios, que l'on louait à partir de 3000 Francs la journée (si ma mémoire est bonne) pour pouvoir disposer d'un matériel de qualité,et ça ressemblait à ça :



Une fois enregistré, votre "master" (la bande mère enregistrée en studio) était envoyé dans de grandes usines où l'on fabriquait le support qui allait servir à transporter votre chef-d'oeuvre jusqu'aux oreilles de vos fans



Ensuite, toute une chaine d'approvisionnement prenait en charge ces supports et les distribuait. Notez qu'à ce niveau, Barils de lessive ou "Sergent Peppers lonely hearts club band", c'était le même cirque à gérer.



Enfin, votre vinyl était vendu par de plus ou moins grands distributeurs, genre Fnac ou autre



C'est évident, tout cela coutait une fortune, et on comprend alors tout le sens d'une maison de disque, qui se chargeait de tout l'aspect logistique et investissement de la chose. De plus, pour que cette chaine puisse tourner, il fallait être à peu près sur que le produit final allait se vendre, et cela passait d'une part par la sélection draconnienne des futurs produits/artistes (haaaa "décrocher un contrat", tout un mythe), d'autre part -à l'autre bout de la chaine- par des techniques marketing plus ou moins invasives (pub télé, matraquage Radio...) afin de s'assurer de pouvoir écouler ses couteuses galettes de Vinyls. La musique coutait cher à produire et à faire connaitre, il était somme toute logique que la maison de disque récupère ses billes, l'artiste ne touchant finalement qu'une petite part (généralement autour de 5%) du gateau. Bon, c'était comme ça, ça marchait, et tout le monde était content.


Et puis d'un coup, Badaboum, le numérique arrive, pour le plus grand plaisir de TOUS les artistes (dont je fus, modestement), qui se ruèrent alors sur le Home Studio. Dans la foulée quasi immédiate, le Web débarque et soudainement (ça s'est passé en moins de 10 ans, c'est fou), tout ce que je viens de vous raconter au dessus, le studio hors de prix, l'usine de pressage, les camions, les cartons chez les distributeurs... tout, se résume à ça :



De Manu Tchao à Camille, en passant par la quasi totalité des artistes Electro et Rap actuels, et même désormais des musiciens classiques, tous utilisent un simple ordinateur pour s'enregistrer et mixer leurs compositions. Quand à la distribution, elle tient désormais dans un simple copier/coller/publier sur Myspace, Deezer ou LastFM. Pour les artistes, c'est que du bonheur. Fini le filtrage des maisons de disques qui freinait la diversité musicale par absence de prise de risque, fini les obstacles insurmontables avant de pouvoir accéder à des auditeurs, fini de s'endetter pour se payer des journées de studio à prix d'or... TOUS les artistes remercient "le numérique", qui permet d'enregistrer ses compositions de chez soi, avec une qualité professionelle, et de les distribuer instantanément dans le monde entier pour le prix d'une carte son et d'un PC Portable à 1000 Euros.

A l'heure d'Hadopi, où des dinosaures hésitent toujours entre la culpabilisation et la pénalisation, j'aimerais bien en entendre certains concernant l'aspect "coût" de la production d'un album. On n'entend toujours parler que de l'aspect "pertes" liées au numérique, mais qu'en est-il de ce qu'il permet d'économiser maintenant ?

L'histoire se répete, et nous voila revenus au même point que lorsque l'électricité arrivait massivement dans les campagnes. Alors oui, c'est sur, la plupart des fabricants de bougies et de lampes à pétrole vont mettre la clef sous la porte. C'est un peu triste, mais on a plus besoin d'eux. C'est aussi simple que ça : ajourd'hui, une "maison de disque", ça ne sert plus à rien

Edit:Tiens, hasard de calendrier, Radio Head va bientôt sortir son nouvel album. Hein ?! Ben oui, en se passant de maison de disque, évidemment.


Guillaume mar 04 Avr 2011
On est d'accord...

En fait, sur le fond, on est d'accord. Ce Post n'était pas vraiment un "coup de gueule", mais plutôt un vase qui déborde, la goutte d'eau étant cet article de Libé. Ce qui me fait réagir et avec de plus en plus de véhémence, année après année, ce que tout un pan de "l'industrie culturelle", son ministère en tête, essaye de nous faire croire que le numérique est un danger pour la création artistique. Ne mélangeons pas tout, "le numérique" est une chance extraordinaire pour la création culturelle et même bien au delà.

Dans toute cette immense majorité de gens qui ont tout à gagner avec le Web, une toute petite minorité, "l'industrie phonographique" est la seule à perdre. Bon, ben tant pis pour elle, lorsque "l'industrie textile" s'est écroulée dans le Nord Pas de Calais, on nous en a pas fait tout un fromage, avec interdiction de porter des chaussettes Chinois, non ?!

réseaux de distribution et création artistique

bonjour

je pense qu'il y a une confusion voire amalgame entre un studio d'enregistrement et maison de disque …

pouvez vous préciser tout cela ? p.e. est ce un coup de gueule ?
connaissez vous les étapes de création d'un album ? (enregistrement, mix, master, impression, marketing etc …)

je ne vois pas en quoi l'apparition du numérique change quoi que ce soit aux techniques de prise de son en studio, ou au mix par exemple (si on parle d'enregistrement d'album).

C'est un boulot et si ca coute cher c'est parce qu'il y a bcp de monde qui bossent et surtout du matériel à amortir ( > plusieurs 100k€ !).

Pour aller dans votre sens, je dirai que ce sont les modes de distribution/communication qui ont évolué avec internet (dématérialisation, notion de distance).
Que les producteurs n'ont pas su anticiper … et maintenant ils tentent de s'accrocher à ce qu'ils peuvent …

Si l'œuvre est de "qualité", les gens achètent … et c'est tt ce que cherche le client, ne pas se casser la tete, la simplicité …
on le voit bien avec le succès de la chorale ou bienvenue chez les chti' (qualité = qui convient aux gens), et la on parle plus de piratage ?

Avant si une personne voulait acheter un cd, c'est qu'il avait pas le choix (le nombre de fois ou je me suis fait b*iser en achetant un album après avoir écouté un titre), aujourd’hui elle l'a, ce choix !

Personnes n’achèterait un ordinateur, accès internet, graveur et tutti quanti avec la maintenance et cout que cela entraine si c'était plus simple d'acheter son DVD /CD et le mettre dans son lecteur de salon !

Pourtant ils ont les moyens de rependre le dessus mais je pense qu'ils sont tellement largués et veulent tellement avoir raison qu'ils oublient l’objectif premier : la satisfaction du client.

Et ca je pense pas qu'il en ai vraiment conscience quand on voit ttes les daubes / reprises qui sortent !

enfin bon

my 50 cent …

Sebastien

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